Village d'or
Lumière d'or
J'aime le mot " lumière"
car dans ces quelques syllabes
toute la beauté du monde est révélée
La lumière éclaire ou éblouit,
s'étéint ou s'allume,
est réfléchie ou cachée,
utilisée et appréciée
mais toujours présente.
Je la perçois dans le soleil et part la lune,
dans tes yeux et dans mon coeur,
sur la Terre et dans le ciel.
La lumière existera toujours,
même quand la Terre ne sera plus que poussière.
Elle attendra dans les étoiles,
dans les soleils, que d'autres hommes et femmes naissent
qui la réinventeront, par le feu puis l'électricité,
pour pouvoir revivre sur une autre Terre
dans des millénaires
Le mot lumière et donc pour moi plus que planètaire,
il est universel et immortel.
Automne
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or
Frisson d'Hiver
Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;
C’est le temps de la ville. - Oh ! lorsque l’an dernier,
J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
(J’entends encore au vent les postillons crier),
Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J’allais revoir l’hiver. - Et toi, ma vie, et toi !
Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme ;
Je saluais tes murs. - Car, qui m’eût dit, madame,
Que votre cœur si tôt avait changé pour moi ?
Portraits en Sépia
Le crâne avec le temps s'est flanqué de nuages ;
Ce sont ceux de Baudelaire qui reviennent de voyage ;
Ce sont ceux que parfois on voit au d'sus d'la mer ;
Quand la mer est ridée ; qu'ell' ressemble au désert.
Des yeux de chimpanzé accrochés par erreur ;
Qui se r'trouv'raient marron dans les cages du malheur ;
Avec de la tendresse à crever la rétine ;
Avec tout' la colère d'une tempête marine.
Le sourire d'un enfant qu'aurait d'ja fait ses dents ;
Avec l'espièglerie, juste sur le devant ;
Avec au bord des lèvres le souvenir d'une femme ;
Avec une gueulante à relents d'Amsterdam.
Des mains d'amant posées sur les yeux de la nuit ;
Font des éclipses étranges à ses yeux éblouis ;
Ses bras sont des remparts criblés de meurtrières ;
A donner des pavés, à lancer des baisers.
La poitrine bombée comm' la proue des navires ;
Prête à lancer des symphonies quand ça chavire ;
A piétiner de rage le crachat d'un juron ;
Et même, à se blottir, contre une fille, à deux ronds.
Léo Ferré
Coucher de soleil
Le soleil s'étire au-dessus de l'océan
Pour l'embrasser tendrement
Pour donner vie à cette eau calme
Emprisonner les vagues dans son coeur
Bientôt il partira vers d'autres horizons
Mais pourtant demain il reviendra
Il rejoindra la ... ses amours
Pour se donner entièrement
Sans réserves ni contraintes
Tous les jours ils se rencontreront
Dans une danse de vagues éternelles...
Vague à l'âme
Regards
Un regard
L'échange d'un seul regard
Peut vous faire sortir du brouillard
Peut vous redonner de l'espoir
Et rester inscrit dans votre mémoire.
Il peut être complice comme langoureux,
Moqueur comme malicieux,
Ou encore conspirateur comme mielleux,
Hargneux comme délicieux.
Cela dépend uniquement,
De la personne et du moment.
Et je vous assure,
Que le sentiment qu'il vous procure,
Sera toujours merveilleux,
Car il n'appartiendra qu'à voux deux.


















